Un peu d’histoire
Le théier est un arbre à feuilles persistantes originaire vraisemblablement de Chine pouvant atteindre à l’état sauvage une quinzaine de mètres. Il appartient à la famille des théacées, du genre camélia sinensis, dont les deux variétés principales sont :
— le camelia sinensis var sinensis dont la feuille est petite (3 à 10 cm), matte, assez rigide et vert olive. Résistant bien à la sécheresse et au froid, on le cultive dans de nombreuses régions montagneuses. (Nilgiri, Sri Lanka, Himalaya…. Il peut vivre plus de 100 ans.
— le Camelia sinensis var assamica dont la feuille est plus grande (20 cm), brillante, épaisse et souple. Résistant aux fortes pluies et aux moussons, il est souvent cultivé en plaine. Sa durée de vie est plus courte (30 à 50 ans)
L’histoire du thé est ponctué de légendes qui la racontent.
Pour ne parler que de la Chine, il semblerait que l’empereur Shen Nung fut le premier en 2737 av JC à déguster une infusion de thé. Alors qu’il faisait bouillir de l’eau à l’ombre d’un théier sauvage, des feuilles y tombèrent par inadvertance, colorant et parfumant délicatement l’eau. L’empereur y trempa les lèvres et se régala. Ainsi serait donc né le thé.
L’Europe découvre le thé plus tardivement.
Même si dans "Les merveilles du Monde", Marco-Polo l’évoque, le thé est réellement introduit en Europe au 17è siècle grâce à la Compagnie Hollandaise des Indes Orientales. Mais les prix sont alors prohibitifs - les chinois étant alors les uniques producteurs – et seule l’élite européenne a le privilège d’y goûter. Le thé séduit pourtant de plus en plus et se démocratise progressivement. Pour faire face à une consommation européenne croissante, les anglais l’introduisent illicitement en Inde. Ainsi, dès 1834, les premières plantations apparaissent en Inde puis dans l’Ile de Ceylan (Sri Lanka), à partir de 1857.
Au fil des années, la culture du thé se développe et s’intensifie. Il est désormais cultivé en Asie, dans certaines régions d’Afrique et d’Amérique Latine. Sa consommation s’est généralisée pour devenir de nos jours la boisson la plus bue à travers le monde, après l’eau, au rythme de 15000 tasses par seconde.
La culture du thé
La culture du théier nécessite certaines contraintes : un sol acide (ph optimal entre 4 et 7) même si certaines théiers poussent sur sol alluvionnaire ou volcanique, des températures chaudes mais n’excédant pas 30°C, des nuits fraîches mais pas inférieures à 5°C et une pluviométrie annuelle régulière.
Les théiers sont généralement cultivés dans des "jardins". Le thé est par tradition un produit de grandes exploitations, toutefois, la taille de celle-ci peut-être très variable (d’un à mille hectares), selon que le champ appartienne à de petits propriétaires privés ou à d’importantes multinationales. Au Sri Lanka, près de 50% de la récolte de thé est réalisée par des petits planteurs et près de 60% au Kenya.
Les théiers sont issus soit de la multiplication génératrice (graines), soit du bouturage. Pendant sa première année le jeune plant est choyé, soigné et surveillé dans une pépinière ou "nursery" avant d’être repiqué dans la plantation où il sera cultivé pendant plusieurs décennies, en fonction de sa variété. Suivant les conditions climatiques, l’arbuste commencera à produire au bout de 3 à 5 ans et pourra facilement devenir centenaire. Ses feuilles cependant ne seront récoltées qu’au bout de 5 ans. Pendant cette période, le jeune plant subira plusieurs tailles successives de façon à obtenir un tronc large et bas et de très nombreuses ramifications productrices d’abondantes pousses à récolter. Adulte, le théier sera toujours maintenu à une hauteur d’environ un mètre afin d’obtenir une table de cueillette, c’est à dire une haies qui permettent une récolte plus facile des feuilles supérieures, riches en tannin et en théine. Lorsque la plantation commence à produire au bout de cinq ans environ, des tailles interviennent périodiquement, suivant un cycle de plusieurs années.
La cueillette du thé
La cueillette des feuilles de thé est un art qui revêt une grande importance. Traditionnellement, c’est une opération manuelle qui requiert précision et méthode, agrémenté, pour le thé biologique, d’une formation supplémentaire aux nouvelles méthodes de production. La division du travail est généralement répartie en fonction du sexe : l’entretien des plantations est dévolu aux hommes, la cueillette, tâche délicate nécessitant une main d’œuvre très importante, aux femmes. En Inde, par exemple, une bonne cueilleuse pouvait ramasser jusqu’à 30 ou 35 kg de feuilles par jour, soit environ 40’000 à 60’000 pousses. Ceci explique la survivance des tables de cueillette bien que de nos jours le thé soit souvent récolté à l’aide de machines (la superficie ainsi traitée par jour est deux à trois fois supérieure à celle faite à la main).
Le ramassage des feuilles de thé s’effectue du haut vers le bas, car les feuilles les plus hautes sont celles qui contiennent le plus de théine et de tannin. Les feuilles récoltées le matin présentant une teneur en polyphénols supérieure à celles ramassées l’après-midi.
La récolte des feuilles s’effectue par cycles pour respecter le rythme de régénération de l’arbre (environ toutes les deux semaines entre mars et juillet), et à différents moments de l’année :
de mi-mars à mi-avril
de mi-avril à mi-mai
de mi-mai à mi-juillet
A l’extrémité de chaque tige se trouve un petit bourgeon duveteux enroulé sur lui-même appelé "pekoe". La finesse de la récolte (choix des feuilles cueillies et l’état d’ouverture du bourgeon) détermine la classification du thé : plus les feuilles cueillies sont jeunes et proches du bourgeon, plus la cueillette est fine.
Les rendements ainsi que la qualité de la production peuvent être affectés aussi bien par des insectes destructeurs appartenant aux ordres des coleoptera ou diptera par exemple, que par des maladies des feuilles, des racines ou des fleurs., Certains insectes peuvent néanmoins avoir une action bénéfique sur la récolte tels que les "red mites" de ceylan, ou les "green flies" de Darjeeling qui provoquent un désordre chimique dans le chloroplaste et confèrent au thé un arôme particulièrement recherché.
Les grades
Une fois cueillies, les feuilles sont jetées dans des paniers pouvant contenir 25 à 30 kg de thé puis sont acheminées vers la manufacture, située généralement au coeur de la plantation car la transformation du thé doit s’effectuer dans un laps de temps court et précis. Il sera alors décidé d’élaborer un thé avec des feuilles entières (Leaf), brisées (Broken) ou broyées (Fannings ou Dust).
Hormis le thé noir, les autres variétés de thé ne bénéficient pas d’une classification mondialement reconnue. Pour ces derniers, des systèmes nationaux voire régionaux existent. Chaque sorte de thé est alors représentée par le nom de la région productrice, un numéro ou la méthode de fabrication.
LA METHODE ORTHODOXE (valable pour le thé noir)
SUR FEUILLES ENTIERES
La cueillette dite impériale ou F.O.P.(Flowery Orange Pekoe)
Le bourgeon terminal (Pekoe) + 1 feuille
C’est une méthode de récolte de grande qualité, très peu productive qui a presque totalement disparue aujourd’hui.
Le terme "Orange", du nom de la dynastie néerlandaise "Oranje Nassau", signifie "royal".
La classification peut être encore plus fine, comme à Darjeeling avec un nombre de bourgeons (Golden Tips) important. Par ordre croissant de qualité :
GFOP - (Golden Flowery Orange Pekoe)
TGFOP - (Tippy Golden Flowery Orange Pekoe)
TGFOP1- (Tippy Golden Flowery Orange Pekoe One)
FTGFOP - (Finest Tippy Golden Flowery Orange Pekoe)
FTGFOP1 - (Finest Tippy Golden Flowery Orange Pekoe One)
S FTGFOP - (Special Finest Tippy Golden Flowery Orange Pekoe)
S FTGFOP1- (Special Finest Tippy Golden Flowery Orange Pekoe One)
La cueillette fine
Le bourgeon + deux feuilles
Ce type de cueillette donne des thés de très grande qualité. Elle est assez rare aujourd’hui et très demandeuse en main d’oeuvre qualifiée.
La cueillette classique (grossière)
Le bourgeon + trois feuilles voire 4 feuilles.
C’est le procédé le plus employé aujourd’hui. Il donne un thé de moindre qualité, état de fait qui peut être encore aggravé par l’emploi de machines.
La cueillette fine ou O.P (Orange Pekoe)
C’est une cueillette fine mais plus tardive (Pekoe et deux feuilles), sans Golden Tips car le bourgeon final est devenue une feuille.
La cueillette FP (Flowery Pekoe)
Les feuilles sont roulées en boule
La cueillette classique ou P. (Pekoe)
Les feuilles sont moins fines et ne contiennent pas de bourgeon. L’infusion est plus sombre.
La cueillette S. (Souchong)
La feuille cueillie est plus âgée, très faible en théine et se trouve en bas du théier. Elle est surtout utilisée pour les thés fumés.
La cueillette PS (Pekoe Souchong)
La cueillette est grossière, la liqueur est peu foncée.
SUR FEUILLES BRISEES
La cueillette BOP (Broken Orange Pekoe)
La présentation est belle et homogène. Comme pour les FOP, il y a beaucoup de Golden Tips :
Par ordre croissant de qualité :
BOP1 - (Broken Orange Pekoe)
FBOP - (Flowery Broken Pekoe)
GBOP - (Golden Broken Pekoe)
GFBOP - (Golden Flowery Broken Pekoe)
TGFBOP - (Tippy Golden Flowery Orande Pekoe)
La cueillette BP(Broken Pekoe)
Les 2è et 3è feuilles sont cueillies et le thé est moins délicat. Il est plus noir que le BOP et ne contient pas de Golden Tips. Il est souvent utilisé pour les blends.
La cueillette BPS (Broken Pekoe Souchong)
Le thé est grossier et de mauvaise qualité.
La cueillette B (Broken tea)
Les feuilles sont très irrégulières et le thé est de qualité très médiocre.
SUR FEUILLES BROYEES
Il peut s’agir de Fannings ou de Dust
Les Fannings sont des petits bouts de feuilles de 1,5 mm donnant une infusion très colorée et très corsée du fait d’une surface de contact avec l’eau très importante.
Les grades sont les suivants :
F- (Fannings)
OF - (Orange Fannings)
PF - (Pekoe Fannings)
GOF- (Golden Orange Fannings)
FOF- (Flowery Orange Fannings)
BOPF -(Broken Orange Fannings)
La Dust est constituée de morceaux de feuilles de moins de 1 mm.
Les grades sont les suivants :
OPD - (Orthodox Pekoe Dust)
OCD - (Orthodox Churamani Dust)
BOPD - (Broken Orange Pekoe Dust)
BOPFD - (Broken Orange Pekoe Fine Dust)
FD - (Fine Dust)
DA - (Dust A)
SPL Dust - (Special Dust)
G Dust - (Golden Dust)
OD - (Orthodox Dust)
LA METHODE C.T.C (Crushing, Tearing, Curling)
C’est la méthode la plus communément répandue. Elle a été mise au point dans les années 70 et signifie broyage, déchiquetage, roulage. Elle représente aujourd’hui environ les quatre cinquième de la production mondiale et est employée pour les thés répondant aux qualités "fannings, dust et broken". Ce sont le plus souvent des thés exportés vers les pays occidentaux pour une utilisation en sachet.
SUR FEUILLES BRISEES
PE - K - Pekoe
BP - Broken Pekoe
BOP - Broken Orange Pekoe
BPS - Broken Pekoe Souchong
BP1 - Broken Pekoe One
FP- Flowery Pekoe
SUR FEUILLES BROYEES
OF - Orange Fannings
PF - Pekoe Fannings
PF1 - Pekoe Fannings One
BOPF - Broken Orange Pekoe Fannings
PD - Pekoe Dust
D - Dust
CD - Churamani Dust
PD1 - Pekoe Dust One
D1 - Dust One
CD1- Churamani Dust One
RD - Red Dust
FD - Fine Dust
SFD - Super Fine Dust
RD1 - Red Dust One
GD - Golden Dust
SRD - Super Red Dust
La transformation du thé : les différents thés
Qu’il soit noir, blanc, vert, oolong, rouge ou jaune, le thé est obtenu à partir du même arbre. La méthode de transformation utilisée détermine à elle seule la catégorie de thé. Celle-ci comporte une séries d’étapes (flétrissage, roulage, fermentation, dessication ou torréfaction). Elle est effectuée dans les pays producteurs du fait de la nature très fragile du produit : les feuilles fraîchement cueillies se conservent au maximum une journée.
Il existe deux types principaux de thé : le thé noir et le thé vert. Le thé noir représente près de 75 % de la production globale et plus de 90 % du marché dans les pays occidentaux. La plus grande partie du thé vert est cultivée en Chine et gagne en popularité à l’Ouest, notamment pour des raisons de santé.
Le thé noir
Une fois cueillies, les feuilles sont étalées sur des tamis au soleil ou étendues sur de longues claies ventilées à l’air chaud (20°) afin de les déshydrater. C’est le flétrissage qui dure entre 16 et 24h. La perte en eau s’élève à 40-50%. Les nouvelles techniques par tunnel permettent de diviser les temps par 3 ou 4.
Avec la méthode CTC, les feuilles subissent une étape supplémentaire : elles sont broyées dans des rouleaux tournant dans des sens et vitesses différentes. Il en sort alors de très fines particules. Puis elles sont roulées manuellement sans être brisées ou avec des machines qui détruiront les membranes intérieures des cellules des feuilles, libérant ainsi les huiles essentielles d se libérer. Viendra ensuite la fermentation : le thé s’oxyde pendant 2 à 3 heures dans une atmosphère humide (95%) et chaude (27°) et prend sa couleur brune (plus ou moins selon la durée d’oxydation). L’étape ultime est la dessication (15-20 minutes à 90°) ou le séchage qui a pour but de stopper la fermentation et de faire chuter la teneur en eau. Les feuilles ont alors perdu 95% de leur humidité. Elles peuvent être emballées. L’infusion est de couleur cuivrée. Les grands thés peuvent aussi être triés ou tamisés afin d’ôter toute poussière résiduelle.
Le thé vert
Le thé vert est un thé non fermenté. Le processus de transformation est plus court. Les feuilles de thé sont ramassées, puis jetées dans de l’eau bouillante (100°C), durant 20 à 30 secondes. Cette étape vise à détruire l’enzyme permettant la fermentation des feuilles et rend la feuille souple et pliable. L’infusion est de couleur jaune
Le thé blanc
Préparé avec les bourgeons duveteux et les pointes tendres des jeunes ramilles, le thé blanc est d’un grand raffinement.
L’opération consiste en un flétrissage de 52 à 60 heures puis d’un séchage d’1/2 heure environ. Les pekoe deviennent alors argentés.La récolte du thé blanc ne s’effectue que deux jours par an.
L’infusion est de couleur jaune/mandarine pâle
Le thé bleu-vert, ou oolong (thé semi-fermenté)
Après une étape de flétrissage durant laquelle les feuilles sont secouées dans des paniers puis étalées et séchées, elles subissent une fermentation réduite du quart ou de moitié. Les feuilles sont souvent très grandes.
L’infusion de couleur jaune foncé ou orange a une très faible teneur en théine.
Le thé noir fumé
Les feuilles utilisées sont âgées mais en les fumant, elles dévoilent un parfum subtil.
Le thé jaune et sombre
Il s’agit d’un thé rare obtenu avec des feuilles âgées et une fermentation très courte et différente de celle des thés noirs
Le thé rouge ou Rooibos.
Originaire d’Afrique du Sud, on l’appelle thé rouge mais il n’est pas de la famille du thé. A noter que les chinois nomment thé rouge ce que nous appelons thé noir.
Les thés "noir-noir" ou "rouge-rouge" ou thés sombres
Les feuilles uniquement mâtures sont utilisées. Elles connaissent une phase dite de sudation. Après une torréfaction à l’étuvée (dans des bassines couvertes de paille) et un roulage, les feuilles couvertes d’un tissu humide sont maintenues entassées, pendant plus de 20 heures, à un degré d’humidité compris entre 80 et 90%. Elles demeurent ainsi jusqu’à ce qu’elles s’oxydent, sous l’effet de l’humidité et de certaines bactéries. Cette fermentation est non enzymatique. Suit la phase de roulage puis une brève dessiccation. Enfin le thé est gardé aussi longtemps que nécessaire pour pouvoir développer des arômes post-fermentaires. Ce thé est parfois compressé en briques.
Production et consommation globales
Depuis les années 60, la production de thé n’a cessé de progresser, avec une légère baisse dans les années 1990.
Les rendements mondiaux ont subi eux aussi une importante progression. Ils ont presque doublé au cours des quatre dernières décennies mais affichent des écarts très conséquents selon les zones géographiques.
Concernant la répartition de la production, le thé noir (le plus consommé en Europe, en Inde et en Amérique du Nord) représente actuellement quasiment 80 % de la consommation mondiale, le thé vert représente un peu moins de 18 % et quant au thé d’oolong, (produits et consommés principalement en Chine et au Japon) il ne représente qu’environ 2 % de la consommation mondiale.
Environ 36 pays tropicaux et semi-tropicaux cultivent le thé, dont 19 sont des pays ACP [1] . Les six premiers pays producteurs sont : l’Inde, la Chine, le Kenya, le Sri Lanka, l’Indonésie et la Turquie. Ils représentent 80 % de la production mondiale.
Le thé est cultivé dans de grandes exploitations mais également par de petits producteurs. Il se vend essentiellement aux enchères. Bien que les prix soient en baisse et que les producteurs aient vu leur chiffre d’affaires baisser, la production continue d’augmenter.
En moyenne sur la période 1988-2005, la moitié de la production mondiale a été exportée à travers le monde. Le reliquat étant consommé au sein des pays producteurs.
Principaux producteurs mondiaux- 2005 (en tonnes)
Inde - 927984
Chine - 875000
Kenya - 328498
Sri Lanka - 317196
Turkie - 205,500
(chiffres 2004)
Indonésie - 160000
Malawi - 37978
Ouganda - 35000
(chiffres 2004)
Tanzanie - 31342
Rwanda - 15484
(chiffres 2004)
Zimbabwe - 14884
Total (monde) - 3470000
Sources : FAO ; Kenya Times, September 26th 2006
Consommation
En moyenne sur 1988-2004, 2,7 millions de tonnes de thé furent consommés annuellement. Le marché du thé est très spécifique car les pays producteurs sont également les plus grands consommateurs (c’est une boisson traditionnelle dans bon nombre d’entre eux). La consommation domestique représente plus de la moitié de ce qui est produit (56%) et parfois, ce pourcentage peut avoisiner les 100% comme par exemple au Japon où 97% de la production est autoconsommée.
Volume de ventes de thé dans le monde
Chiffres en 2001 et 2006 - tonnes
Austria, 7 - 14
Belgium, 1 - 20
Canada, 2 - 20
Denmark, 28 - 6
Finland, 4 - 11
France, 12 - 279
Germany, 169 - 163
UK, 651 - 2839
Ireland, 1 - 90
Italy, 38 - 8
Japan, 12 - 11
Luxemburg, 1 - 1
Netherlands, 77 - 57
Norway, 1 - 5
Sweden, 15 - 18
Switzerland, 41 - 33
Australia/New Zealand , 9 (chiffres 2005) - 24
Spain, 2 (chiffres 2006)
USA, 25 - 286
TOTAL, 1.085 - 3.887
Principaux pays consommateurs, en moyenne de 2000 à 2004 (%)
Inde : 22
Chine : 18
Asie (autres) : 23
Europe : 14
Afrique : 9
Japon : 5
USA : 3
Autres : 4
Sri Lanka : 1
Canada : 1
Source : secrétariat de la CNUCED d’après les données du Comité International du Thé. L’Europe inclut la Fédération de Russie.
Le marché du thé
Comme beaucoup d’autres marchés de matières premières, l’industrie du thé est concentrée entre les mains d’une poignée d’acteurs. La société anglo-hollandaise Unilever est le premier fournisseur au monde de thé noir. Les principales marques d’Unilever représentent un chiffre d’affaires annuel de plus de € 2,35 milliards et sont en vente dans plus de 100 pays. Lipton Yellow Label d’Unilever est la marque de thé la plus vendue au monde.
Le secteur est marqué par une série de fusions-acquisitions entre les principaux acteurs du domaine. Par exemple, dans le marché britannique, deux grandes entreprises, Brooke-Bond (Unilever) et Tetley, détiennent à elles deux plus de la moitié du marché. Aux Etats-Unis, les leaders de l’industrie sont Lipton (Unilever) avec 50% du marché, Red Rose (20%) et Tetley (10%). Unilever rachète Elephant en 1972 (marque indépendante née en 1896), Brooke Bond au milieu des années 80, et thé Lyons Irish Holding en 1996. Les grandes entreprises ont également racheté un ensemble de jardins ou de firmes de transformation.
La répartition des tâches au sein de la filière "thé" se fait de manière traditionnelle, selon un modèle très simple. La production et le traitement se déroulent dans les pays producteurs (c’est une nécessité car les feuilles doivent être transformées sous 24 heures), alors que le mélange, le conditionnement et la publicité, qui sont les activités les plus rentables de la chaîne, se déroulent dans les pays consommateurs. Toutefois, depuis une dizaine d’années, certains pays tels que la Chine et le Japon ont décidé de s’intéresser à la production de produits finis et à leur exportation.
En occident, la majeure partie du thé consommé est issu de mélanges de matières premières d’origines et de qualité différentes, afin de répondre à la diversité des goûts des consommateurs et être capable de proposer un produit de qualité homogène à un prix compétitif. C’est là un obstacle pour les transformateurs dans les régions d’origine qui ne peuvent souvent utiliser que les matières premières locales.
La vente du thé
Pendant plus de trois siècles, le marché aux enchères de référence au niveau international pour le thé se situait à Londres. Les enchères avaient débuté en 1679 sous les auspices de la Compagnie des Indes (East India Co) avec la vente de thé d’origine chinoise. Pendant plus de trois siècles elles ont guidé le marché mondial.
Il n’y a plus de prix mondial unique pour le thé depuis la fermeture du marché de Londres mais des prix différents pratiqués lors de différentes ventes aux enchères. On considère qu’à ce jour, près de 85% des échanges s’effectuent à travers des ventes aux enchères organisées dans chaque pays (voire chaque région productrice). A titre d’exemple, il existe deux centres de vente aux enchères dans les pays ACP, situés l’un et l’autre en Afrique. Le centre principal se situe à Mombasa, au Kenya, et offre entre 60.000 et 90.000 conditionnements de thé chaque semaine, les thés provenant essentiellement du Kenya, mais aussi de l’Ouganda, du Rwanda, de la Tanzanie et du Zaïre. L’autre centre de vente aux enchères, à Limbe, au Malawi. En raison de la nature saisonnière de la production de thé du Malawi, la vente aux enchères fonctionne chaque semaine entre décembre et mai, et tous les quinze jours le reste du temps. Le système ne semblait pas toujours bien fonctionner pour les petits producteurs et les prix de ventes aux enchères variaient dans une mesure considérable en fonction des qualités et des quantités de thé. En 2005, la situation a été jugée si mauvaise que la Chambre de commerce kenyane a appelé à la suppression des ventes aux enchères de thé.
Les centres de vente aux enchères pourraient devenir inutiles avec les progrès technologiques. En effet, de plus en plus, les ventes aux enchères de thé en ligne côtoient les ventes aux enchères traditionnelles. Les temps de cycle des transactions et les niveaux de manutention sont diminués - les contrôles pouvant être réalisés avec des échantillons envoyés par courrier spécial aux acheteurs depuis les plantations. A titre d’exemple, en Inde environ 60% de la production est vendue par l’intermédiaire des six marchés aux enchères nationaux. Une nouvelle initiative ayant pour but de limiter les coûts de transaction et d’abaisser les délais de règlement a été lancée. Il s’agit d’un portail électronique de vente sur internet qui permet à l’acheteur de prendre instantanément l’ordre de livraison du négociant et de collecter le thé immédiatement auprès du producteur. De cette manière les opérateurs sont en liaison directe avec les différentes cotations sur les marchés aux enchères indiens et ils devraient petit à petit accéder aux autres marchés de référence pour former une plateforme internationale. Pour plus d’informations.
Chaque zone de production fixe son propre prix, celui-ci étant soumis aux conditions locales qu’elles soient d’ordre économique, politique ou météorologique. Le prix du thé est très volatil et a tendance à baisser. Les chiffres de la Banque mondiale montrent qu’entre 1970 et 2000, les prix du thé ont chuté de 44 % en valeur réelle. Après une légère augmentation entre 2000 et 2004, le prix est retombé, au début de 2005, sous le niveau moyen de 2001.
Les débouchés commerciaux
L’industrie agroalimentaire est la source de débouché traditionnelle du thé. Qu’il soit consommé, froid, chaud, en sachet ou en vrac, elle représente la majeure partie des ventes de thé à travers le monde (86% en sachets, 10% en feuilles, 4% instantané
Le thé en sachets
Le sachet de thé est une invention de Thomas Sullivan (1940). Il représente, selon la publication LMC International Ltd, Oxford, "Trade Opportunities in the World Beverages Sector", 86,2% du marché total. Il est surtout commercialisé sous cette forme en occident. En orient, on lui préfère les feuilles entières.
Les goûts changent également. Alors qu’au cours des années 80 jusqu’au début des années 90, les thés parfumés étaient très appréciés par les consommateurs, on note aujourd’hui un retour de la mode du naturel. C’est pourquoi les ventes de thé dits naturels et de haute qualité (grands crus) se développent.
Le thé instantané
Ce mode de consommation représente une part infime du marché avec 2-3% de la production totale de thé. Il est principalement consommé aux Etats-Unis sous la forme de poudre soluble dans l’eau froide.
Les sodas
Le thé froid est né lors de la foire internationale de Saint-Louis aux États-Unis en 1904. Il représente à ce jour, un marché de 11 milliards de litres, situé essentiellement aux Etats-Unis (4/5 du thé consommé. En Europe, les ventes de ce produit sont plus faibles aussi bien en volume qu’en valeur, mais ont très fortement progressé entre 1997 et 2000 (+50%). Au sein même du vieux continent, la répartition est irrégulière. En effet, avec une consommation moyenne par habitant et par an de 2,5 litres, la France est loin de rivaliser avec son voisin helvétique qui en consomme lui plus de 10 fois plus. La moyenne européenne est de 5 litres annuel par habitant.
Autres applications
Le chewing gum au thé vert du finlandais Fennobon, le yaourt au thé vert et à la pêche de l’allemand Borgmann, les gelées, les macarons, cakes...
Dans nombre de pays asiatiques, le thé est reconnu pour ces qualités médicinales depuis près de 5000 ans. Dans la tradition médicale chinoise, le thé clarifie la tête et les yeux, il facilite la digestion et neutralise les toxines. Ainsi, de plus en plus, l’industrie pharmaceutique et cosmétique intégre un pourcentage de thé dans ses produits. Des industriels tels que Signal se sont lancés dans cette niche. Du fait de sa teneur en fluor, le thé permettrait de prévenir les caries tout en renforçant l’émail des dents et en évitant le dépôt de la plaque dentaire. En outre, la consommation de thé vert ou noir pourrait, selon de récentes recherches, réduire les risques de cancer, notamment de la peau, du poumon et du côlon. Les composants du thé noir pourraient avoir un effet antioxydant et empêcher ainsi la formation de substances cancéreuses dans les cellules du corps humain. Difficile d’y voir clair dans un monde économique dominé par un marketing industriel offensif...
Les enjeux de l’agriculture biologique et du commerce équitable dans le secteur du thé
80% du thé vendu dans le monde provient de grandes plantations, vestiges de l’époque coloniale britannique. Le marché est entre les mains d’une poignée d’entreprises qui font l’offre et la demande. Même si le meilleur thé reste celui cueilli à la main, la récolte du thé est de plus en plus mécanisée. Les rendements sont de ce fait plus importants. Or, si les prix chutent, les propriétaires des plantations, tenant à leurs marges, répercutent les baisses sur les coûts de production et donc sur la main d’œuvre. En valeur réelle, de 1970 à 1998, les prix ont chuté en moyenne de 41 % au sein des principaux lieux de transaction du thé.
Aujourd’hui encore, des millions d’hommes, de femmes mais aussi d’enfants travaillent pour l’industrie du thé. Les familles habitent généralement sur les plantations. Leurs conditions d’existence varient selon les régions et les pays, mais elles restent le plus souvent indignes. Les travailleurs dépendent trop souvent du bon vouloir des propriétaires : non-respect du salaire minimum et des conventions internationales en matière de droit du travail, pas de couverture sociale, peu ou pas d’accès aux soins médicaux, à l’éducation, à l’eau potable, nombre croissant de travailleurs temporaires, travail des enfants généralisé…
A l’exception de l’Afrique, la cueillette est une affaire de femmes. Moins bien payées que les hommes, elles ont rarement accès à des promotions. Une cueilleuse typique commence à travailler très jeune avec ses parents, du matin au soir, 7 jours sur 7. Au Sri Lanka, entre 100 000 et 500 000 enfants seraient employés illégalement. L’UNESCO rapporte que dans un pays comme le Kenya, jusqu’à 30 % des cueilleurs ont moins de 15 ans. Dans ce même pays, 90 % des travailleuses disent avoir subi ou avoir été témoins d’abus sexuels dans leur milieu de travail.
Le thé équitable
Face à ce constat, des structures ont choisi de se lancer dans l’importation de thé « équitable » afin d’améliorer les conditions de vie et de travail des travailleurs.
prix payés pour le thé supérieurs à ceux du marché (ils doivent couvrir les coûts de production) préfinancement des commandes parité homme/femme (salaire) suppression de l’esclavage et du travail des enfants de moins de 15 ans avantages sociaux prime spéciale réinvestie dans des projets de développement liés à la santé, à l’éducation et à l’environnement...
Selon les derniers chiffres de Flo/Max Havelaar, le thé équitable concerne 183 entreprises agréées à travers le monde (exportateurs, importateurs, transformateurs). Le volume des ventes a atteint 1965 tonnes en 2004, 2614 tonnes en 2005 et 3887 tonnes en 2006. L’Angleterre représente le premier marché avec 73% des ventes en 2006 (2839 tonnes), suivi par les Etats-Unis avec 7,36% des ventes (286 tonnes), puis par la France avec 7,16% des ventes (279 tonnes).
En France En 2007, 27 organisations travaillent avec la France, dans huit pays : Chine, Egypte, Inde, Laos, Pérou, Afrique du Sud, Sri Lanka et Vietnam. Le volume des ventes est passé de 181 tonnes en 2005, 274 en 2006, et 326 tonnes en 2007.
Thé équitable et biologique La culture du thé dans le monde est principalement de la « monoculture intensive », avec les dégâts environnementaux qui en découlent : appauvrissement et pollution des sols ; déséquilibre de la biodiversité locale. Les théiers, fragilisés, deviennent plus sensibles aux parasites, d’où le recours massif aux intrants chimiques (pesticides, herbicides, engrais.)
Or le thé est une infusion, et en l’espace de quelques minutes, des résidus plus ou moins toxiques se retrouvent dans la tasse ! Une étude a démontré que seuls 16 thés, sur un total de 60 analysés, étaient exempts de pesticides. Plus alarmant, 27 thés verts, provenant pour la plupart de la Chine et du Japon, ont été reconnus comme des « thés avec pesticides à fortes doses et plomb ». Les travailleurs sont couramment exposés à des pesticides dont l’utilisation est interdite au Nord à cause de leur trop grande toxicité, ce qui représente un grand danger pour la santé.
La culture du thé « équitable » est effectuée selon des principes agricoles durables, et les pratiques tendent à protéger les écosystèmes locaux. De plus en plus d’organisations de commerce équitable encouragent les producteurs à effectuer la transition vers l’agriculture biologique et mettent en place des formations spécifiques.. Désormais, 85% de la gamme est également issue de l’agriculture biologique.
Le thé certifié biologique est produit sans l’utilisation de pesticides et d’engrais chimiques. Les théiers ne sont pas artificiellement sur-stimulés. Ils sont souvent situés en altitude, dans des espaces sauvages et très protégés, exempts de toute pollution. Les producteurs créent des écosystèmes autour des plantations afin que les théiers puissent profiter de la présence des arbres et plantes environnants pour se développer et s’épanouir mutuellement. L’enrichissement des sols, la lutte contre les insectes nuisibles, les parasites et l’érosion s’effectue naturellement et en douceur : un grand pas en avant pour les travailleurs, la nature et les consommateurs.
Les structures françaises importatrices/distributrices certifiées par FLO/Max Havelaar
Alter Eco (Trader)
Artisanat SEL (Trader)
Ethiquable (Trader)
La route des comptoirs (Trader)
Centre de Cafeologie (Trader)
Solidar Monde (Trader)
Ethis (Trader)
Jardins de Gaia (Trader)
L’Herbier du Diois (Trader)
Scop Café Michel (Trader)
Distriborg (Trader)
Naturenvie s.a (Trader)
Herbissima (Trader)
Pages (Trader)
Richard (Trader)
SNT (Trader)
S.A. Plantes Aromatiques du Diois (Trader)
Les Thés Bluebird (Trader)
LMDT SA (Trader)
Malongo (Trader)
Lobodis (Trader)
Fileane (Trader)
Ets. George Cannon (Trader)
Pour connaître les producteurs (FLO)
Burkina Faso
Cooperative Agricole du Kenedougou (Coopake)
China
Xuan En Yulu Organic Tea Association
Jingmai Mangjing Ancient Tea Association
Dazhangshan Organic Tea Farmer Association
Mannong Ancient Tea Association
Jiangxi Wuyuan Xitou Tea Farmers Association
Egypt
Royal Ottoman Co. and Its Affiliate Organic Nature Co.
Libra Cultivation
Farmers Development Association
India
Rembeng Tea Estate
Tea Group Exports (Ambootia Tea Group)
Goomtee Tea Estate
POABS
Tea Promoters (India) Pvt. Ltd.
SAE Ltd., Kotada & Welbeck Estates
The United Nilgiri Tea Estates Co. Ltd. (
Mineral Springs
The Bombay Burmah Trading Corp. Ltd.
Makaibari Tea Estate
Chamong Tee Exports Pvt. Ltd. (Chamong Tea Group)
PDS - Sahayadri Tea Farmer Consortium
McLeod Russel India Limited
JAMGURI TEA ESTATE
Burnside Tea Estate
Iyerpadi & Paralai Tea Estates
Kamala Tea Co. Ltd.
Thiashola Plantations Private Ltd.
Kenya
Iriaini Tea Factory Company Ltd
Rukuriri Tea Factory Company Ltd
EPK Outgrower Empowerment Project
Gacharage Tea Factory Company Ltd
Changoi and Lelsa Tea Estate
Kanyenya-ini Tea Factory Company Ltd
Kapchorua Tea Co Ltd
Ndima Tea Factory Company Ltd
Michimikuru Tea Company LTD
James Finlay (Kenya) Limited, Kitumbe
Imenti Tea Factory Company Ltd
Kaimosi Tea Estate
Makomboki Tea Factory Company Ltd
Tinderet Tea Estate
Chinga Tea Factory Company Ltd
Laos
GCPSL - Groupement de Coomunautes Paysannes du Sud du Laos
Malawi
Eastern Outgrowers Ltd.
Satemwa Tea Estates Ltd.
Peru
Central de Cooperativas Agrarias Cafetaleras - COCLA
Rwanda
Sorwathe Sarl
South Africa
Heiveld
Mouton Citrus Ltd
Citrusdal - Oudam/Kleinbegin
Citrusdal - Paardekop
Citrusdal - Bergendal
Wupperthal Rooibos Tea Associations
Sri Lanka
Gordon Tea Estate
Horana Plantations
Kotagala Plantations Limited
Liddesdale Group
Maskeliya Plantations Ltd.
Udapussellawa Plantations Ltd.
Green Field Estate
Small Organic Farmers’ Association – SOFA
Stassen Natural Foods (Pvt.) Ltd.
Stockholm Tea Estate
Needwood Estate
Herkulu Tea Estate
Rungwe Small Holder Tea Growers Association
Mufindi Tea Company Ltd
Idamba Development Association
Kibena Tea Limited
Luponde Estates
Mabale Growers Tea Factory Ltd.
Kayonza Growers Tea Factory Co.,Ltd.
gara Growers Tea Factory Ltd.
Vietnam
Van Chan Bio Farmers Club
Vietnam Thien Hoang Organic Tea Club (Producer)
Poème de LU Tong (790 – 835)
La première tasse humecte mes lèvres et mon gosier
La deuxième rompt ma solitude
La troisième fouille mes entrailles mises à nu
et y débusque mille volumes d’étranges idéogrammes
La quatrième suscite une légère sueur
— et tout le noir de ma vie se dissout à travers mes pores
A la cinquième tasse, je suis purifié
La sixième m’expédie au royaume des Immortels
La septième — ah, je ne saurais en absorber davantage !
Je sens seulement un souffle de vent frais gonfler mes manches.
Où est Peng Lai Shan* ?
Ah ! Laissez-moi chevaucher cette douce brise et m’envoler loin d’ici !
* Peng Lai Shan : un des paradis taoïstes
CNUCED
EQUITERRE
Le travail des enfants
Banque Mondiale
Que Choisir, no 382, Feuilles à risque, pages 46-50, mai 2001
IFAT
(Les photos sont la propriété exclusive de Makaibari Tea Estate – Inde)











