Généralités

« Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine. »
Déclaration Universelle des Droits de l’Homme - article 23

 Une économie de plus en plus mondialisée

Les échanges commerciaux font partie intégrante de la société humaine. Depuis des temps immémoriaux, les humains ont échangé nourriture, bétail, tissus, objets…, multipliant ainsi les liens sociaux et culturels avec les populations voisines ou plus lointaines. Jusqu’au XXème siècle, malgré l’impact des grandes découvertes, le développement du commerce fut essentiellement limité par la faiblesse des moyens techniques de transport et de communication. Les progrès dans ces deux domaines ont contribué à une véritable explosion du volume des échanges. De nos jours, un inventaire des produits et services disponibles sur notre territoire témoigne de la mondialisation des échanges commerciaux. Le citoyen dispose d’une offre extraordinairement diversifiée et attractive - concurrence apparente oblige – mais souvent à quel prix…

 Une pauvreté croissante

La libéralisation du commerce mondial au cours de ces vingt dernières années n’a pas eu les effets positifs tant escomptés. La pauvreté, qui ne connaît plus de frontière, augmente au Nord comme au Sud, les inégalités se creusent, pénalisant les économies les plus fragiles et engendrant une situation de dépendance économique et alimentaire tragique pour de nombreuses populations, essentiellement au Sud de la planète. Des millions de travailleurs ne pouvant s’aligner sur les prix exigés par la concurrence ou les cours mondiaux, n’arrivent plus à vivre du fruit de leur travail et sont souvent contraints de quitter leurs villages, sombrant peu à peu dans l’engrenage du surendettement et de la survie au jour le jour.

L’écart entre les pays riches et les pays pauvres s’amplifie inexorablement. Entre les 20% des pays les plus pauvres et les 20% des pays les plus riches, l’écart était de 3 contre 1 en 1820, 11 contre 1 en 1913, 30 contre 1 en 1960 et 74 contre 1 en 1997

(Source : AlterEco / PWCConseil, Etude mondiale sur le commerce équitable, 2001)

D’après le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) , 80 milliards de dollars (soit 9% des dépenses militaires mondiales annuelles) suffiraient pour garantir l’éducation, l’alimentation et l’eau potable à tous.

Chez nous, thé, café, cacao, chocolat ou sucre riment avec plaisir, détente et convivialité. Nous oublions souvent que pour une grande majorité d’hommes et de femmes des pays du Sud, ils riment avec travail acharné, salaires dérisoires, discrimination, droits fondamentaux bafoués.

- 1,3 milliards de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, avec moins de 1 dollar par jour ; 70% sont des femmes ; un être humain sur deux vit avec moins de deux dollars par jour. Chaque année, 25 millions de personnes de plus tombent sous le seuil de la pauvreté.
- Les 20% les plus riches de la population du globe se partagent 86% du PIB mondial.
- 20% des individus les plus pauvres se partagent 1,1% du revenu mondial
- 1,4 milliards de personnes ne disposent pas d’eau potable
- 1 milliard d’individus ne peuvent satisfaire leurs besoins élémentaires de consommation (nourriture, vêtements, logement)
- Près de 2,4 milliards sont privés d’une infrastructure sanitaire correcte.
- La malnutrition touche principalement les petites filles
- 60 millions de filles n’ont pas accès à l’école primaire, 2/3 des analphabètes sont des femmes
- Les femmes assurent plus de 50% de la production alimentaire agricole et pour un travail égal à celui des hommes, leurs salaires restent inférieurs de 20 à 50% à celui des hommes. Elles ne gagnent que 10% du revenu mondial et ne possèdent que 1% des terres
- Le volume du commerce mondial est aujourd’hui 14 fois supérieur à ce qu’il était en 1950. Dans le même temps, la planète a perdu environ 30% de ses richesses naturelles.

Source : OIT (Organisation Internationale du Travail) et FAO (Food ans Agriculture Organization of the United Nations)

- 20% des pays les plus pauvres produisent 1% du PIB mondial, contre 26% pour les 20 pays les plus riches
- 82% des marchés d’exportation, 68% des investissements directs étrangers, 95% des dépenses de recherche et 74% des lignes téléphoniques sont détenus par les 20% des pays les plus riches contre 1% pour les 20% des pays les plus pauvres.

Source : Le commerce équitable, Tristan Lecomte, Eyrolles, 2004, 191p

Il est donc important de s’interroger sur les répercussions sociales, sanitaires, environnementales et culturelles d’une économie à visée essentiellement financière. En exigeant des prix de plus en plus compétitifs au mépris de toute autre considération, en faisant fi des conditions de vie et de travail d’hommes et de femmes de nombreux pays et en puisant inexorablement dans les réserves de la planète au point de la rendre exsangue et stérile, l’homme contemporain fragilise voire compromet l’avenir de ses propres enfants.

PNUD : http://www.undp.org/french/


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