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g=9.8 : zoom sur une ligne de lingerie écologique "made in France"

Portrait/Zoom


- Exit les frous-frous et les dentelles aguicheurs et superflus : la lingerie signée g=9.8 allie engagement écologique et féminité. Les modèles déclinés dans plusieurs coloris (vert mousse, rouge carmin ou bleu nuit), sont d’une sobriété intemporelle, à la fois élégante et séductrice. Réalisée à partir de la pulpe du pin blanc canadien (issues des déchets de l’élagage), la texture, nommée lenpur [1], est soyeuse et confortable. Elle possède aussi des vertus attractives : isolatrice thermique, bactériostatique, thermorégulatrice, très résistante au lavage. De quoi séduire les femmes soucieuses de marier bien-être et respect de l’environnement. Les hommes ne sont pas pour autant exclus puisque g=9.8 propose, depuis peu, une ligne de caleçons pour hommes.

- Sophie Young, fondatrice de g=9.8, inscrit sa démarche dans une perspective globale de développement durable. Architecte de formation (son diplôme porte sur le projet d’un centre de tri au pied de la Tour Eiffel), elle travaille pendant plusieurs années dans le secteur de l’architecture métallique. Lors d’une mission sur un salon de la lingerie aux Etats-Unis, elle est indignée par l’image dégradée que la lingerie véhicule de la femme et par les impacts socioéconomiques de ce secteur. C’est le déclic. Elle décide de créer sa propre structure dans l’univers intime de la lingerie, sans pour autant déroger à une règle forte de l’architecture : pas d’éléments inutiles ni de pastiches.

- Son pari : participer à l’économie locale en développant une ligne engagée et sexy « made in France », et offrir une image plus valorisante de la femme.

Sophie Young refuse, en effet, l’absurdité sociale, économique et écologique du toujours moins cher, et le diktat des collections « saisonnières ». Tous les modèles sont ainsi tissés et confectionnés en France. Les collections, sciemment intemporelles permettent aux femmes de marier, à leur convenance, les hauts avec les bas. Les produits sont beaux, soyeux, lumineux et d’une qualité irréprochable.

- Les créations ont incontestablement une empreinte environnementale minimale.
— Matière première biodégradable produite à partir de l’élagage des branches de jeunes pins blancs canadiens [2] :

— Une forêt ne nécessite ni arrosage, ni pesticides, ni d’herbicides.

— Faible consommation d’eau.

— Teintures certifiées Oekotex Standard 100 (garantissant l’innocuité des risques d’allergies ou d’irritation ; absence de composés azoïques dans les teintures...)

— Ecoemballage dans des pochettes en tissu recyclé ou issues de la filière du commerce équitable.

— Etiquettes réalisées à partir de chutes de tissus.

— Envoi de la marchandise dans des cartons réutilisés ou recyclés.

— Transport intercontinental maritime ; en France, transport ferroviaire privilégié.

— Tissage et confection française, malgré un coût de revient assez élevé.

L’atelier de tissage, créé par une femme il y a plus de vingt ans, regroupe 32 personnes. Le partenariat avec g=9.8 laisse entrevoir de nouvelles perspectives dans un secteur économique très sinistré.

- La démarche de Sophie Young est avant tout progressiste. A l’heure actuelle, la matière première est originaire du Canada et l’usine de filature se trouve en Italie. Sophie Young espère pouvoir prochainement tisser un partenariat avec un exploitant forestier français, d’une part pour diminuer le transport, d’autre part pour offrir de nouveaux débouchés aux exploitants forestiers sur notre territoire.

Notes

[1] Le Lenpur (brevet américain) ou "cachemire végétal" est issu de la transformation de la pulpe des branches des pins blancs canadiens en une fibre naturellement hydrophile (5 à 6 fois plus qu’un synthétique, et 3 fois plus que le coton), douce et très soyeuse.

Avant de devenir une fibre manufacturable, la pulpe de pin suit un processus de transformation à base d’enzymes, le processus moderne de la viscose . La viscose est une fibre artificielle obtenue par transformation de la cellulose des végétaux. Inventée en 1884 dans l’Isère par le comte Hilaire de Chardonnet, la viscose appelée encore "soie artificielle ", est fabriquée à partir de la pâte de bois. Brevetée en 1892, au Royaume-Uni, elle connaît un développement important jusque vers 1950. Elle est alors concurrencée par les textiles synthétiques. Les méthodes de fabrication actuelles (Lenpur) sont dérivées du procédé de la viscose au cours duquel la cellulose présente dans le pin est mélangée à de la soude pour être transformée en une pâte visqueuse, appelée viscose. Cette viscose passe à travers un tamis très fin. On obtient alors des filaments qui, une fois agglomérés, feront un fil plus ou moins épais. Conformément à la loi, les vêtements réalisés à partir de bois ou de bambou doivent aussi porter la mention « viscose ».

Les viscoses de bois et de bambou sont bactériostatiques, anti-odeur et d’une extrême douceur. Elles sont issues de matières premières facilement renouvelables et ne contribuent aucunement à la déforestation. Des études sont menées pour une transformation plus naturelle de la pulpe de pin en viscose (radio traitement ou radient )

[2] Une forêt ne peut fixer le C02 et rejeter de l’oxygène que si elle est cultivée et exploitée. Dans le cas contraire, lorsque la forêt est laissée à elle-même, les arbres vieillissent, meurent et se décomposent sur place, restituant à l’atmosphère le C02 qu’ils avaient emmagasiné et annulant le bilan. C’est pendant la pleine croissance d’un arbre, qu’il fixe le plus de C02. En fonction de l’essence (arbre à pousse rapide ou lente), cette période sera plus ou moins longue. Le pin blanc canadien est une essence à croissance rapide


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