Généralités
Cette attitude qui se répand trouve une réponse logique dans le rapprochement entre les filières bio et équitables, qui garantissent par leur transparence et leur rigueur à la fois la qualité environnementale mais aussi sociale de la chaîne de production. Principes et objectifs
Malgré les apparences, l’agriculture biologique n’est pas un « retour en arrière ». Elle est un mode de production innovant fondé sur l’autonomie des agriculteurs et le respect des équilibres naturels, favorisant des écosystèmes durables et réduisant la pollution. Née dans les années 1920, à l’initiative d’agronomes, de médecins, d’agriculteurs et de consommateurs, elle s’est affirmée dans les années 70, pour être officiellement reconnue en 1980 avec la création d’une commission nationale chargée de son organisation, de son développement et de l’homologation d’un cahiers des charges.
L’agriculture biologique stipule que tout système vivant (corps humain ou animal, écosystème, agro-système…) peut produire plus sans aucun préjudice sur l’écosystème s’il est bien compris, bien nourri, bien mesuré et bien géré, et que toute stimulation artificielle excessive finit par déséquilibrer, voire détruire l’écosystème. L’agriculture biologique insiste donc sur la compréhension de l’agro-système. S’appuyant à la fois sur l’expérience traditionnelle de l’agriculture et sur les études menées dans les universités et les instituts de recherches agronomiques, elle respecte et utilise les systèmes autorégulateurs de la nature pour lutter contre les maladies et les insectes nuisibles aux cultures. Elle n’a donc pas recours aux engrais de synthèse, pesticides et herbicides chimiques, hormones de croissance, antibiotiques... lesquels, largement employés dans le système conventionnel, finissent par appauvrir les terres et fragiliser plantes et animaux. L’agriculture biologique est un mode de production réglementé et contrôlé, respectueux des équilibres écologiques, dont les principes s’appliquent aux végétaux comme aux animaux. En s’engageant dans cette démarche durable, l’agriculteur se doit d’agir conformément aux exigences d’un cahier des charges strict et précis. Il choisit une production adaptée à sa région avec des rotations longues et diversifiées. Il utilise des fertilisants naturels, composte les matières organiques fraîches de son exploitation et a largement recours aux engrais végétaux. Ses connaissances agricoles pratiques et théoriques lui permettent de privilégier des méthodes douces et efficaces. Par exemple, il se sert de la complémentarité entre les espèces végétales pour nourrir le sol, protéger ses cultures, préserver la résistance naturelle des plantes, lutter contre les ravageurs ou encore aérer les sols. Il effectue des labours superficiels sans enfouir les matières organiques fraîches. Le producteur converti à l’agriculture biologique retrouve un rapport à la terre plus équilibré et surtout finit par sortir du cercle vicieux "rentabilité maximale, pesticides à outrance, engrais, appauvrissement des sols, engrais..." Il inscrit la qualité au coeur de son activité, participe à l’entretien de l’environnement local en favorisant la diversité des biotopes, en améliorant la qualité des ressources naturelles (eau, air…) et la fertilité des sols. Enfin, il recrée du lien social du fait de son implication dans le développement économique local.
Règlementation et système de garantie
Pour obtenir des informations complètes sur l’agriculture biologique et la réglementation, il est conseillé de se rendre sur le site de l’Agence BIO : www.agencebio.org http://www.agence-bio.org/pageEdito.asp ?IDPAGE=33&n3=28
Garanties
Le label AB « Agriculture Biologique », est la propriété exclusive du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche. Il permet d’identifier un produit agricole brut ou une denrée alimentaire, en ayant la certitude de sa conformité au mode de production biologique établi selon la réglementation nationale et/ou communautaire en vigueur. Le produit est certifié par un organisme certificateur agréé par l’Etat, qui décide de l’attribution ou du retrait du label. Tout opérateur (agriculteur, préparateur, distributeur ou importateur) doit déclarer son activité chaque année auprès des pouvoirs publics. Depuis 2003, cette notification se fait par le biais de l’Agence BIO. Ils font l’objet d’un ou plusieurs contrôles annuels (parfois plus) portant sur l’ensemble du système de production : parcelles agricoles, lieux de stockage, transformation, comptabilité matière, conformité des recettes et produits correspondants, garanties données par les fournisseurs, étiquettes…
Le label AB garantit :
le respect de la réglementation en vigueur en France.
le respect d’une certification placée sous le contrôle d’un organisme agréé par l’Etat, répondant à des critères d’indépendance, d’impartialité, de compétence et d’efficacité tels que définis par la norme européenne EN 45011
un minimum de 95% d’ingrédients biologiques pour un aliment transformé, et la certitude de pratiques agronomiques et d’élevage respectueuses des équilibres naturels, de l’environnement et du bien-être animal.
En mars 2000, la Commission Européenne a créé un logo complété de la mention facultative "Agriculture biologique - Système de contrôle CE" (Règlement (CEE) n° 2092/91).
Pour en savoir plus : www.agencebio.org
Cosmétiques biologiques et textile
La réglementation actuelle du mode de production biologique couvre les produits agricoles bruts ou transformés destinés à l’alimentation humaine et animale. Dans le domaine des cosmétiques et du textile, elle s’applique donc uniquement aux matières premières , telles que les plantes, les huiles essentielles, le coton, la laine, le lin, le chanvre..., mais ne définit pas les règles de transformation .
Nature et Progrès : www.natureetprogres.org/
Cosmebio : www.cosmebio.org/
Oeko-Tex (www.oeko-tex.com) est un organisme de certification international, dont le siège social se trouve en Suisse (Zurich). Oeko-Tex a des membres dans de nombreux pays : en France, le relais est assuré par l’Institut Français Textile et de l’Habillement (IFTH )
Le label Oeko-Tex regroupent deux standards :
Standard 1000 - concerne les usines et ateliers de production
Standard 100 - concerne le produit fini
Standard 100+ associe les deux standards
Le label Standard 100 garantit que :
* les textiles ne libèrent aucun colorant azoïque ayant un effet cancérigène de type arylamine du groupe MAK III A1 et III A2 et ne contiennent aucun colorant allergène
* les pesticides et les phénols chlorés ont été testés
* la libération éventuelle de métaux lourds par l’action de la sueur sur les textiles certifiés est testée
* les textiles certifiés ne contiennent pas de formaldéhyde ou leur contenu est loin de la limite déclarée légale
* les textiles certifiés sont dans un domaine de pH qui correspond à notre peau
* les textiles certifiés ne contiennent aucun accélérateur de couleur organo-chloré
* les textiles certifiés ne contiennent aucun apprêt biocide
SKAL est un organisme néerlandais de certification biologique. Il attribue le logo « EKO ». Les produits certifiés “SKAL” ne peuvent pas contenir d’engrais ou de pesticides chimiques, de saveur, de couleurs ou d’agents conservateurs chimiques ou synthétiques, d’organismes génétiquement modifiés (OGM). SKAL International ” est la seule organisation de certification et d’examen qui donne le certificat de qualité “EKO ” à l’extérieur de l’Union Européenne (UE). Le consommateur reconnaît un produit organiquement biologique, examiné par la fondation, au symbole de qualité ” EKO “. SKAL a été reconnue et autorisée en tant qu’organisation de certification et d’examen internationale dans les Etats membres de l’UE avec le Nr.-Reg. (EEC) 2092/91.
Les organismes de certification en France
ECOCERT
BP 47
32600 L’ISLE JOURDAIN
Tél : 05 32 07 34 24
www.ecocert.fr
AGROCERT
4 rue Albert Gary
47200 MARMANDE
Tél : 05 53 20 93 04
agrocert agrocert fr
ACLAVE
Boulevard Réaumur
85013 LA-ROCHE-SUR-YON
02 51 36 83 93
www.aclave.asso.fr
QUALITE-FRANCE
18 rue Volney
75002 PARIS
01 42 61 58 23
www.qualite-france.com
ULASE
Place du Champ de Mars
26270 LORIOL-SUR-DROMECERTIPAQ
9 avenue George V
75008 PARIS
Tél : 01 53 57 48 60
www.ulase.fr->www.ulase.fr
SGS
191 Avenue Aristide Briand
94237 Cachan cedex
01 41 24 88 88
www.fr.sgs.com
Bibliographie
AUBERT C., L’agriculture biologique : une agriculture pour la santé et l’épanouissement de l’homme, Courrier du Livre, 1972
AUBERT C., LECLERC B., Bio Raisonnée OGM : Quelle agriculture dans notre assiette ?, Terre Vivante, 2003
DESBROSSES P., Nous redeviendrons paysans, Editions du Rocher,1999
DESBROSSES Jacqueline et Philippe, LEMAIRE Jean François, Le Guide Hachette du Bio, Hachette, 2000
DE SILGUY Catherine, L’Agriculture Biologique, des techniques efficaces et non polluantes, Terre Vivante/Patino, 1994
FICHERS M, Qu’est-ce que l’agriculture biologique ?, Nature & Progrès, 2000
GUERNIC K., L’agriculture biologique française : Chiffres 2002, Agence BIO, 2003
UET Gabriel, Mémento d’Agriculture Biologique, Editions Agridécisions, 1999
LE CLECH B., HACHLER B., PRADEL M., Agriculture biologique : Ethique, pratiques et résultats, Synthèse Agricole, 2003
PIRIOU S., L’institutionnalisation de l’agriculture biologique (1980-2000), ENSA Rennes, 2002
RUSCH HP., La fécondité du sol, Courrier du Livre, 1986
SOLANA, La bio : de la terre à l’assiette, Sang de la Terre, 1999
STEINER Rudolf, Agriculture, fondements spirituels de la méthode biodynamique, Nature et Progrès, 1999
WAGNER Franz, Le poireau préfère les fraises – Les meilleures associations de plantes, Terre
Vivante, 2001
L’Agriculture Biologique face à son développement : les enjeux futurs, INRA Editions, 2000
Une bibliographie très complète est disponible sur le site de l’Agence Bio www.agence-bio.org www.agence-bio.org/bibliographie.asp ?n1=8



